L’illusion de l’égo

Une Essartoise nous adresse ce message évoquant sa consternation face à l’attitude de la municipalité. Avec son accord, nous publions in extenso son message ci-après.  

J’envoie cette lettre ouverte plus de 2 mois après l’hommage municipal rendu à Monsieur Samuel  Paty. Ce fut le laps de temps nécessaire pour dépasser la sidération, considérer avec discernement  l’horreur et la barbarie. Le mercredi 21 octobre 2020, Monsieur Le Maire des Essarts-le-Roi, et quelques-uns seulement de ses conseillers municipaux, ont rendu hommage à Monsieur Paty.

1) Monsieur Le Maire, alors qu’un tiers des membres de son conseil se sont opposés ou abstenus, durant les mandatures précédentes, à la création ou au renforcement de la police municipale, nous a demandé d’applaudir les policiers présents qui assuraient la sécurité de tous lors du rassemblement devant le collège.

2) Monsieur Le Maire a imputé la cause de cette décapitation à un « terrorisme gratuit ». Euphémisme qui permet de ne pas nommer l’islamisme radical obéissant à une idéologie dont les buts sont pourtant déterminés.

3) Monsieur Le Maire  invoque le « droit de tous d’aller à l’école, que l’on soit catholique, musulman, juif, orthodoxe… » A cette liste, non exhaustive des religions existant sur la terre, heureusement qu’un conseiller lui a soufflé « ou athée… ». Conception extrêmement réductrice, confinant à l’erreur, de la laïcité.

4) Lors des différentes phases de l’hommage, une colistière applaudit à plusieurs reprises : manque de bienséance et confusion entre ce qu’est un match sportif avec pom pom girls, et un hommage rendu à un homme assassiné !

5) Monsieur Le Maire, garant de la légalité dans la commune, affirme : «Personne ne peut se faire justice soi-même. » Monsieur Le Maire, comment l’assassin de Monsieur Paty pourrait-il prétendre avoir subi une quelconque injustice et être dans son bon droit ? Quelle est cette « justice » à laquelle vous faites allusion et que vous jugez déficiente ou trop laxiste ? Monsieur Le Maire, ces propos sont révoltants.

6) Monsieur Le Maire répète : « Ce ne sont pas que des paroles, je vous assure. » Plus tard : « Il est important de se rassembler. La prochaine fois, nous serons encore là. » Je salue la pertinence de l’analyse et cette anticipation tragique, mais réaliste, sur l’avenir !

7) Enfin, Monsieur Le Maire demande au personnel enseignant et leur famille de s’avancer pour être applaudis.  Si nous sommes venus, c’est pour rendre hommage à un homme, un père, un professeur, un collègue, à qui on a coupé la tête parce qu’il a exercé son métier d’enseignant, parce qu’il a enseigné l’histoire, et la liberté d’expression. Nous ne sommes en aucun cas venus pour être anesthésiés par les congratulations et les flatteries.

Décidément, la Mairie aime beaucoup le bruit dédié à satisfaire les ego.

Murielle Minot